Chute de Roch et du MPP: Des militants du CDP jubilent à Bobo

Un coup d’Etat a eu lieu le lundi 24 janvier 2022 à Ouagadougou, mettant ainsi fin au règne du président Roch Marc Christian Kaboré et de son parti, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Triste sort qu’est celui du Burkina Faso condamné dans les bafouillages de l’histoire. L’histoire même du pays ramené à vivre interminablement des Etats d’exception, plutôt que d’amorcer le développement durable par la bonne gouvernance.

Selon la junte, c’est dans l’intérêt de tout le peuple burkinabè que le coup d’Etat est intervenu. Toutefois, dans ce grand ensemble appelé « le peuple », il se trouve aussi une catégorie de citoyens, bien particulière et qui se sent plus bénie et gratifiée, ou plutôt « soulagée », devrions-nous dire. Soulagée notamment de ses récentes hontes.

Vous l’aurez deviné, cette catégorie de personnes concerne les disciples et sympathisants de l’ancien régime du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Sans calcul, en voici une implication ; celle où les militants du MPP se terrent chez eux, tandis que ceux du CDP jubilent.

C’est ainsi que, sans plus tarder, des jeunes du CDP, trimbalés par quelques leaders, en l’occurrence Daouda Diallo, 1er vice- secrétaire national chargé des Tics, et Antoine Nikiéma, 4eme vice-président national chargé de la jeunesse, sont sortis ce matin même, mardi 25 janvier, dans la deuxième capitale, Bobo- Dioulasso, pour manifester leur joie après le coup d’Etat et clamer leur soutien au MPSR.

Même quand ailleurs d’autres opposants affichent l’air solennel de répugner les putschs, comme de bons démocrates,  ils ne font pas plus que se réjouir, dans une fausse humilité.

Les premiers responsables de ce mouvement spontané

Comme le laisse entrevoir ces propos brouillés d’Abasse Sangaré, 2eme vice- secrétaire national chargé des mouvements associatifs au CDP : « Ce n’est pas le souhait, mais il y a un moment dans la vie d’une nation où il faut passer par là pour pouvoir rectifier certaines choses, certaines situations et pour que les Burkinabè puissent enfin vivre leur cinéma de la paix, mais aussi de la liberté », a-t-il confié à Ouest Info ce matin. Poursuivant, « Ce régime était devenu un régime dictatorial, donc c’était vraiment très compliqué pour le citoyen  lambda et nous ne faisons que féliciter ces jeunes-là qui ont pris leurs responsabilités et nous souhaitons qu’ils mènent le bateau du Burkina Faso vers le bon port et que la paix puisse revenir, la vie puisse continuer comme nous l’avons connue avant 2014 et autres ».

Mais en considérant les intentions du MPSR, dans son premier discours à la télévision nationale, c’est la gouvernance administrative de Roch, surtout sur le plan sécuritaire, qui nous a dirigés dans cet état d’inconstitutionnalité. Donc Roch a fait chou blanc dans la lutte contre l’insécurité.

Somme toute, le départ de Roch, avec le discrédit qu’il a essuyé, lui et son parti, on peut s’attendre quelque part, une fois l’ordre constitutionnel revenu après le départ du MPSR, à ce que le MPP perde son rang de parti majoritaire et que l’opposition lui dame le pion aux prochaines élections ; ainsi qu’il en a été avec Blaise Compaoré et son CDP. Un scénario bien envisageable.

Mais en réalité, quand on sait que la démagogie est la langue commune à tous les politiciens, on peut aussi se demander si ses détracteurs au sein de l’opposition pourraient mieux faire.

Wourodini Sanou

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