« Chitoumou » ou chenille de karité: une denrée très prisée

Associé depuis toujours aux habitudes alimentaires de l’ethnie bôbô, le chitoumou, cette chenille de karité, fait aujourd’hui l’objet d’une convoitise à grande échelle. Plusieurs facteurs justifient cette convoitise qui n’est cependant pas sans répercussion sur le prix de cette denrée.

Dès l’entame de la saison pluvieuse, on peut d’ores et déjà apercevoir à des endroits stratégiques de la ville de Bobo- Dioulasso, les premières vendeuses de chitoumou, arborant fièrement leur produit.

Saison des pluies oui, puisqu’il s’agit de la période à laquelle prolifèrent ces ‘’petites bêtes’’. Mais de nos jours, force est de reconnaitre qu’à son apparition, le chitoumou n’est pas toujours à la portée du premier venu.

En effet, pour cette année 2019, le prix de la boite (boite de garibout) à sa sortie était de 5000 FCFA, a affirmé Massara Traoré, vendeuse de chitoumou au marché de Ouezzinville. Ce prix continue-t-elle, a été progressivement revu à la baisse et ce, en fonction de la disponibilité de la marchandise.

C’est ainsi que ce jour, samedi 20 juillet 2019, la même quantité était vendu à 1000 FCFA, avec possibilité de vente les jours à venir entre 400 et 700. Un prix nettement abordable par rapport à celui initial. Mais nous référant à quelques années en arrière, avec 200f CFA, l’on pouvait s’offrir la boite de chitoumou et 700 FCFA était un prix maximum que pouvait atteindre cette quantité de ce précieux ver. Un prix qui constitue un minimum de nos jours.

Le chitoumou de plus en plus demandé

On constate cependant qu’une loi dans le domaine du commerce s’exerce sur le chitoumou : « quand la demande est plus forte que l’offre, le prix de la marchandise augmente ». Demande qui provient non seulement des différentes villes du pays telles Ouagadougou, Koudougou, mais aussi de l’étranger car à en croire les propos de Massara Traoré, le chitoumou serait exporté au Niger, au Mali et en Côte d’Ivoire.

Autre facteur non moins important qui jouerait sur la fluctuation du prix est le changement climatique, puisque plus il pleut, moins le chitoumou coute cher du fait de sa disponibilité. Mais ces dernières années, ce n’est pas le cas compte tenu de la rareté des pluies. Il faut également compter d’après dame Traoré sur le transport et le prix d’achat de la marchandise dans les localités aux encablures de Bobo- Dioulasso, où ils prolifèrent le plus comme yéguéresso, lôgôfourousso entre autres.

Malgré tout, Massara Traoré affirme pouvoir engranger une recette quotidienne de 25.000 FCFA à 50.000 FCFA, en fonction de l’affluence de la clientèle.

Une denrée riche en nutriment

Notons que l’apport nutritionnel du chitoumou est non négligeable ; probable facteur de convoitise selon les spécialistes.

En effet, il apporte 430 kilocalories à l’organisme. Il a une importante teneur en protéine qui varie de 53.9 à 63 grammes. Le chitoumou est aussi riche en vitamine A dont la teneur est estimée à 20 microgrammes de rétinols, une vitamine très essentielle à la croissance, à la vue pour ce qui concerne l’œil.

Par ailleurs, il permet de lutter contre les infections et intervient dans la protection de la peau et de l’épithélium. La teneur en calcium du chitoumou est estimée à 185 milligrammes et sa teneur en fer de 2.3 milligrammes. Intégrer le chitoumou dans nos habitudes permettrait un important apport en protéines et contribuerait par la même occasion à lutter efficacement contre les troubles de la croissance surtout chez les enfants.

Abdoul- Karim E. Sanon

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