Chérif Sy, un ancien CDR pour lutter contre le terrorisme !

Chérif Sy, ministre de la défense

Le nouveau Premier ministre burkinabè Christophe Dabiré a dévoilé dans l’après-midi du jeudi 24 janvier 2019, son nouveau gouvernement de 32 membres dont 2 ministres d’état. L’un des grands changements de ce gouvernement est la nomination de Chérif Sy au ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants. Jusque-là Haut représentant du chef de l’État, il remplace à ce poste Jean-Claude Bouda.

Directeur du journal « Bendré », cette figure de l’insurrection populaire de 2014 a également été président du Conseil national de la Transition.

Dans un contexte marqué par des attaques terroristes, il aura la lourde tâche de juguler la crise sécuritaire à laquelle le pays fait face.

Âgé de 59 ans, ce fils du grand chancelier, le Général Baba Sy, a activement participé à la révolution d’août 1983 qui allait porter Thomas Sankara au pouvoir.

Après l’assassinat de ce dernier en 1987, il n’a cessé de lutter contre le régime de Blaise Compaoré.

Ancien responsable CDR (Comité de défense de la révolution) à Paris, Chérif Sy a échappé au massacre de Koudougou où il avait rejoint la résistance organisée dans cette ville au lendemain de l’assassinat de Thomas Sankara.

Au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, qui met en fuite le président Compaoré, Chérif Sy est porté à la tête du Conseil national de transition (CNT), où il s’illustre alors par un certain nombre de propositions.

Ancien ami du journaliste Norbert Zongo, assassiné sous le régime Compaoré, Chérif Sy est à l’initiative de la loi sur le droit d’accès à l’information, et avait l’ambition d’abolir la peine de mort.

Mais la plus célèbre et aussi la plus controversée des lois votées par l’Assemblée qu’il a dirigée, restent la modification du code électoral. Le nouveau texte a été appliqué par le Conseil constitutionnel pour rejeter les candidatures aux élections législatives et présidentielles des anciens dignitaires du régime Compaoré.

En 2015 alors que les autorités de la transition notamment le président Michel Kafando, le Premier ministre Isaac Zida et une partie du gouvernement sont retenus « en otage », Chérif Sy s’autoproclame président par intérim et appelle les burkinabés à résister à ce coup de force.

Président du Conseil national de transition (CNT), Chérif Sy, s’était farouchement opposé à l’accord proposé par les médiateurs de la Cédéao pour sortir le pays de la crise, suite au coup d’état.

Ami de la famille Sankara, il est selon une bonne partie de l’opinion, la figure de proue des opposants au régime Compaoré.

Pour ses admirateurs, l’homme répondrait parfaitement à ce ministère et ce, au regard de sa rigueur, sa ténacité et sa combattivité.

Quant à ses détracteurs, cette nomination s’apparente plutôt à une récompense pour avoir avec la loi dite « loi Chérif », déblayer le chemin de Kosyam en écartant le clan Compaoré pour permettre au MPP, parti au pouvoir, d’accéder à la magistrature suprême.

Madi

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