Chef du gouvernement: Christophe Joseph Marie Dabiré investi avec 84 voix

La Représentation nationale a acquiescé la déclaration de politique générale du Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré qu’il a exposé ce lundi 18 février 2019 avec 84 voix pour, 19 contre, 23 abstentions et 1 nul. Cette approbation du Parlement qui vaut investiture officielle du nouveau Premier ministre a été précédée d’un grand oral.

Avec ce vote de confiance, le Premier ministre, nommé le 21 janvier dernier, a désormais le quitus constitutionnel pour diriger le gouvernement burkinabè. Conformément aux dispositions de l’article 63 de la Constitution burkinabè qui stipule que dans les 30 jours suivants sa nomination, le Premier ministre doit faire, devant la Représentation nationale, sa déclaration de politique générale, Christophe Joseph Marie Dabiré, s’est, au cours d’une session, livré à cet exercice.

C’est pendant près d’une heure d’horloge, dans un document de 25 pages, que le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré a, devant l’Assemblée nationale, présenté les grandes orientations de sa politique. Il a d’entrée de jeu salué les acquis engrangés par son prédécesseur, Paul Kaba Thiéba avant les siennes.

Une politique articulée autour de 5 axes majeurs

C’est en réponse aux préoccupations des Burkinabè que le Premier ministre dit avoir choisi d’articuler la feuille de route de sa politique autour de 5 axes «majeurs».

Il s’agit du devoir de relever les défis sécuritaires, l’exigence de pallier l’effritement de la cohésion sociale, l’obligation d’instaurer une gouvernance plus vertueuse, la nécessité de renforcer le développement du capital humain et enfin la volonté de dynamiser l’économie nationale.

Pour lui, la paix et la sécurité constituent la condition indispensable à la mise en œuvre et à la consolidation des actions de développement d’un pays. Mais, l’accentuation des attaques terroristes sur le territoire a été́ rendue possible par la conjugaison de facteurs internes et externes tels que le maillage encore insuffisant du territoire national en services de sécurité́, la faible implication des populations dans les stratégies de défense et de sécurité́ ainsi que la porosité́ de nos frontières nationales. «Nous devons rester stoïques et déterminés à vaincre car, j’ai la conviction que nous avons le patriotisme dans nos veines, le courage, les moyens et l’opiniâtreté́ nécessaires pour être à la hauteur des défis posés par le terrorisme» a-t-il martelé.

3 principes pour relever les défis sécuritaires

Et pour relever les défis sécuritaires, le Premier ministre a mentionné trois principes qui seront au «cœur» de l’action de son gouvernement. Premièrement, face à cette «barbarie d’une autre époque» selon lui, il faut l’union sacrée de tous les burkinabè. Dans ce sens, il a insisté sur le devoir de se mobiliser comme «un seul homme pour repousser l’ennemi commun».

Deuxièmement, tout en sollicitant l’appui de la communauté́ internationale dans la lutte contre le terrorisme qui est un phénomène mondial, aux dires de M. Dabiré, le Burkina Faso doit d’abord compter sur ses propres forces. Enfin, «tout en apportant des réponses appropriées, en temps et en heure, aux actions destructrices de ces criminels, nous devons travailler à construire et à consolider durablement les bases de notre victoire certaine» a-t-il affirmé.

Plusieurs chantiers en cours

Dans le domaine de la justice, le Premier ministre dit s’engager à renforcer le fonds d’assistance judiciaire au bénéfice des personnes vulnérables afin de faciliter l’accès de tous les Burkinabè.

Les actions prioritaires de M. Dabiré dans le domaine de l’éducation porteront sur la poursuite, entre autres, de la normalisation des écoles de moins de 6 classes et la résorption du phénomène des écoles sous paillotes, la construction de lycées professionnels et scientifiques et la construction de nouveaux lycées d’enseignement général et technique. «Pour le cas spécifique de l’éducation des enfants dans les zones à défis sécuritaires, le gouvernement a finalisé la stratégie de leur scolarisation et s’attèlera à sa mise en œuvre diligente avec le soutien de nos partenaires» foi de M. Dabiré.

Au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche, trois actions «solidaires et complémentaires» seront menées. Il s’agira d’une part de poursuivre les efforts de normalisation des années académiques afin de repositionner les universités dans le cercle de la compétitivité et d’autre part, de développer la carte universitaire du pays pour faire face à la «forte» augmentation de la demande.

Le chef du gouvernement a précisé que son gouvernement va accélérer non seulement la professionnalisation des universités mais aussi la construction de l’université virtuelle et des espaces numériques régionaux. L’ambition est de former des cadres compétents, capables de donner une plus grande impulsion au développement de notre économie.

Dans le domaine de l’assainissement domestique, le Premier ministre dit poursuivre l’objectif fixé de porter à au moins 50% la proportion des ménages ayant accès à l’assainissement en milieu rural et à 80% en milieu urbain. Pour garantir une amélioration soutenue et durable des conditions de vie des populations présentes et futures, à écouter M. Dabiré, il importe de prévenir la dégradation de l’environnement et de notre cadre de vie, dans nos modes de production et de consommation.

C’est avec des larmes aux yeux que le Premier ministre a invité tous les Burkinabè à agir à l’unisson pour redonner au Burkina Faso sa qualité de pays «des Hommes intègres». Il a de ce pas lancé un appel solennel à tous les Burkinabè̀ de tous bords pour un sursaut national. «Vivre ensemble en harmonie dans une même société ne dépend pas de la seule responsabilité d’un gouvernement. C’est ensemble, unis et réconciliés avec nous même dans un devoir de vérité et de patriotisme que nous contribuons comme un seul homme à changer la réalité dans le sens profond de nos rêves de paix et de prospérité» a conclu le Premier ministre Dabiré.

Cette Déclaration de Politique Générale a été suivie de questions des députés avant le vote de confiance qui l’a officiellement installé comme chef du gouvernement.

Wendlasida Savadogo, correspondant à Ouaga

image_pdfEn PDFimage_printImprimer le contenu

Laisser un commentaire