Célébration tournante des festivités du 11 décembre : Salutaire mais….

La ville de Manga, située dans la région du centre-sud abrite demain 11 décembre 2018, la célébration tournante des festivités de la fête nationale.

A la faveur de ces festivités, ce sont plus 25 milliards de nos francs que l’état burkinabè a déboursé pour la réalisation d’infrastructures de tout genre dans cette ville. Aménagement de rues, réalisation de bâtiments administratifs, d’infrastructures sportives, logements sociaux et économiques, salles de spectacle, la ville de Manga a été relookée.

Toute chose qui cadre parfaitement avec l’idée de la célébration tournante des festivités du 11 décembre décidée en 2008 et qui est de permettre à la ville hôte de se doter d’infrastructures à même de booster son développement.

De Fada N’Gourma à Manga en passant par Ouahigouya, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Dori, Dédougou, Gaoua, les bienfaits de la célébration tournante de la fête nationale sont perceptibles lorsqu’on porte un regard rétrospectif sur ces différentes villes qui ont abritées la manifestation.

Prenons le cas de Bobo qui en est une illustration parfaite. A l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’accessibilité du pays à l’indépendance en 2010 en effet, la ville a bénéficié d’importantes infrastructures comme la cité des forces vives encore appelée Bobo 2010, la maison de la culture, le monument du Rond-point de la Femme, la Place du Cinquantenaire, la Gerbe lumineuse (située en face de la Chambre de commerce au niveau de la place de la Nation), l’Hôtel administratif en R+3, l’aménagement et le bitumage de routes ; mais aussi la réhabilitation d’autres infrastructures qui étaient sur le point de tomber en désuétude telles que l’aéroport international, le stade wobi et le stade Sangoulé.

Au regard de ces nombreux acquis, l’on peut dire que la célébration tournante des festivités du 11 Décembre est une opportunité de la manifestation de la solidarité nationale et de la redistribution des fruits de la croissance entre les différentes villes (régions), donc des populations.

Cependant, le véritable problème qui se pose est qu’après les festivités, l’entretien et l’exploitation de ces investissements qui ont coûté des dizaines de milliards de francs CFA aux contribuables burkinabè reste un défi pour les villes hôtes.

A Bobo-Dioulasso il y a par exemple,  la gerbe lumineuse qui s’est éteinte, des logements sociaux abandonnés aux oiseaux et aux rats car inhabités.

La Maison de la Culture de Bobo baptisée en 2015 « Mgr Anselme Titianma Sanou », est restée des années durant sans être exploitée du fait du coût de la location de ses salles jugé trop élevé par les organisateurs d’évènements. Les autres monuments quant à eux, sont devenus des panneaux publicitaires.

De ce qui précède, il est clair que la célébration tournante de la fête nationale contribue fortement au développement socio-économique des villes du pays.

Cependant, il est opportun voir même obligatoire de penser à un mécanisme de gestion et d’entretien des infrastructures réalisées dans ces différentes villes pour éviter que les milliards du contribuable ne soient utilisés pour réaliser des infrastructures qui, après les festivités, seront laissés à la merci des animaux et/où se développeront également d’autres vices comme la prostitution, la consommation de la drogue et bien d’autres.

Madi

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