Campagne cotonnière 2022-2023 : « La distribution des intrants sera effective dans toutes les localités au plus tard le 20 juillet », Jonas Bayoulou, DG Sofitex

Le nouveau directeur général de la Société Nationale des Fibres Textiles (SOFITEX) Jonas B. Bayoulou était face à la presse le vendredi 8 juillet 2022. Objectif, prendre contact avec les professionnels des médias, leur présenter l’état d’avancement de la campagne 2022-2023 et les imprégner de la nouvelle dynamique de la SOFITEX pour une relance durable de la filière. C’était en présence de plusieurs acteurs de la filière coton.

Campagne cotonnière 2022-2023. C’est la campagne de tous les défis pour tous les acteurs de la filière. Pour ce faire, chaque maillon essaie de jouer pleinement son rôle dans la chaîne de production. Face à la presse, le directeur général de la Société Nationale des Fibres Textiles (SOFITEX), Jonas B. Bayoulou a estimé que le gouvernement a déjà joué sa part de rôle.

Pour convaincre ses interlocuteurs et l’opinion, il donne des chiffres sur les efforts du gouvernement au profit de la filière coton pour la présente campagne : « Le gouvernement a subventionné les intrants à hauteur de 72,8 milliards de FCFA au profit des producteurs de coton pour la présente campagne 2022-2023. Sur les 500 tracteurs subventionnés au profit des producteurs agricoles, les contonculteurs en ont bénéficié de 300. Aussi le prix d’achat du coton a été fixé à 300f/kg. Et ça c’est du jamais vu au Burkina ». Pour lui, c’est l’ensemble de ces actions qui a suscité l’engouement autour du coton pour la campagne en cours.

700 000 tonnes de coton graine attendues pour cette campagne

Après la part du gouvernement, c’est au tour de la nationale des fibres textiles de jouer son rôle dans l’atteinte des objectifs de cette campagne selon Jonas B. Bayoulou. Dans cette dynamique, la SOFITEX a tenu des foras dans les différentes régions cotonnières de la zone SOFITEX. Ce qui a permis de recueillir les besoins et les difficultés des producteurs.

De ces difficultés, le retard de disponibilité des intrants et les retards de paiement des producteurs après la pesée de leurs productions ont été soulignés. Des problèmes que le nouveau directeur général dit avoir bien notés pour qu’ils puissent trouver des solutions définitives.  

A l’issue des échanges les producteurs ont promis à Jonas B. Bayoulou, une production consistante si la pluviométrie fait grâce. Pour cela, il les a invités à bien suivre les itinéraires techniques. Ensemble, avec les 558 000 hectares de champ emblavés pour le coton à la date du 30 juin 2022, les producteurs et l’ensemble des sociétés cotonnières  se sont fixé un objectif de production de 700 000 tonnes pour cette campagne en cours.

Ainsi Jonas B. Bayoulou a rassuré les producteurs que les intrants sont déjà disponibles. Et la distribution sera effective dans toutes les localités au plus tard le 20 juillet 2022.

L’abandon de la culture du coton Bt, causes des contre-performances de la Sofitex depuis 2016 ?

« Non », répond Jonas B. Bayoulou pour qui la filière coton n’a plus de grand secret. Il estime que les causes de la baisse de la production sont à chercher ailleurs. « Je pense que les gens débattent parfois de sujets qu’ils ne maîtrisent pas. La meilleure performance de la SOFITEX lors de la campagne 2005-2006 avec environ 713 000 tonnes s’est faite avec le coton conventionnel. En plus de cela, il faut retenir que des pays comme le Mali qui font aujourd’hui de belles performances ne produisent pas une seule fibre de coton OGM. Ce que nous devons avoir à l’esprit, c’est le travail bien fait. Et ce n’est que par le travail que nous allons développer davantage la filière coton du Burkina » a souligné le directeur général de la SOFITEX avant de faire une précision par rapport aux objectifs de production du Burkina. « Nous devons arrêter de mesurer nos performances avec la première place de producteur de coton de la sous-région ou de l’Afrique. Nous devons juste nous fixer des objectifs de production par campagne. Et c’est comme que nous parviendrons à développer la filière. Maintenant si nos objectifs nous conduisent à la première place de producteur de coton d’une zone géographique donnée, tant mieux » a-t-il conseillé.

Le coton du Burkina a gagné en qualité sur le marché international

A la question sur la qualité de la fibre du coton du Burkina Faso depuis le retour à la culture du coton conventionnel, le directeur général rassure. « Le coton burkinabè a gagné en qualité. C’est un des meilleurs cotons sur le marché international » a-t-il répondu. En effet, le coton du Burkina était très bien apprécié sur le marché international au moment où le pays produisait le coton Bt. Et le retour au coton conventionnel a selon Jonas B. Bayoulou fait gagner en qualité le coton du Burkina Faso.

Des journalistes et des acteurs de la filière coton présents à la conférence de presse

Les zones cotonnières sont les meilleures zones productrices de céréales

Face aux journalistes, le DG de la Sofitex Jonas B. Bayoulou n’a occulté aucune question qui concerne la filière coton. Sur la subvention des intrants destinés à la culture du coton, il fait savoir que ces intrants servent aussi à produire des produits vivriers. « Si l’on se fie aux statistiques, on se rend compte que les zones de production cotonnière sont les meilleures zones productrices de céréales. Cela veut dire que nous mettons aussi à la disposition des producteurs de coton des intrants pour la culture des céréales. Pour chaque trois (03) hectares de coton, nous donnons au producteur un hectare d’intrants pour la culture céréalière. Je pense que les gens doivent mieux s’informer par rapport à ces questions avant de les aborder. Ce que nous disons ici est vérifiable auprès des producteurs de coton » a expliqué le directeur général de la SOFITEX qui ne manque pas de révéler l’importance de la culture du coton dans l’économie nationale.

Une année sans coton au Burkina, c’est un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards de FCFA à l’économie nationnale

Pour défendre l’importance de la culture du coton, Jonas B. Bayoulou a fait un exposé imaginaire d’une année ‘’n’’ sans coton au Burkina Faso. Il a ensuite mis ce vide de production en rapport avec l’apport du coton en termes de devises à l’économie nationale. « Chaque campagne, c’est au moins 70 milliards de FCFA qui circulent dans l’économie rurale grâce à la culture du coton. Sans ce produit, quelle autre spéculation peut combler ce vide ? Grâce au transport du coton, c’est plus de 15 milliards de FCFA que gagnent les transporteurs et c’est plus de 7 milliards de FCFA qui alimentent les caisses de l’Etat. Vous pouvez continuer la chaîne avec les produits du coton tels que l’huile alimentaire, le tourteau et vous verrez l’importance du coton au Burkina » a illustré Jonas B. Bayoulou pour retenir l’attention des Burkinabè qui ignore encore l’importance du coton dans la vie de la nation.

Ce dernier poursuit en faisant savoir que l’Etat n’investit pas dans le coton pour rien. « Avant d’investir, l’Etat procède toujours par avantage comparatif. Et s’il investit chaque année dans le coton c’est parce que ce produit a des retombées bénéfiques pour toute la nation », ajoute le directeur général qui invite par ailleurs tous ceux qui hésitent encore à embrasser la culture du coton à s’engager car ses bénéfices sont non seulement profitables aux producteurs mais servent aussi l’ensemble des burkinabè.

Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net

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