Bobo: le ministre Harouna Kaboré face à de jeunes commerçants

Dans le but de discuter des préoccupations qui minent leur activité, des commerçants de Bobo-Dioulasso réunis sous le nom de Conseil National de la Transition (CNT) ont reçu dans l’après-midi du 13 avril 2019 la visite de leur ministre de tutelle, Harouna Kaboré.

L’arrivée du ministre Harouna Kaboré au CNT

C’est dans une ambiance sans ‘’langue de bois’’ que s’est tenue cette discussion. La concurrence déloyale et l’usurpation du métier furent les premières préoccupations des commerçants. Selon eux, certains grossistes déstockeraient leur produit en détail saturant ainsi le marché. D’autres particuliers, quant à eux, s’érigeraient en commerçants sans aucune autorisation. « Des grossistes nous vendent (en gros) les produits et ont des camions pour livrer à leur compte en détail pendant que d’autres laissent leur travail et se prétendent commerçants. » S’indignent-ils.

A en croire les propos du ministre Harouna Kaboré, la solution pour remédier à cela est la dénonciation de ces pratiques déloyales afin que des sanctions soient prisent à l’encontre de ces derniers à la hauteur de leur forfait. La préoccupation suivante fut la fixation du prix des matières premières à l’exportation à défaut de la transformation locale (cas du coton). « A défaut de transformer nos matières premières, pourquoi ne pas imposer nos prix ??? » se demandent les commerçants.

Il est regrettable pour Harouna Kaboré que ce ne soit ni les producteurs, ni les commerçants qui fixent les prix à l’international. Une option est de s’organiser pour peser sur la scène internationale à l’image de la CEDEAO. Une autre est de « transformer et consommer locale ». Toujours concernant le cas du coton, la FILSAH (une industrie textile basée à Bobo), dans les jours à venir devrait produire du fil à même de confectionner des vêtements au grand bonheur des industriels et des producteurs de coton.

Cela favorisera la naissance d’usines vestimentaires au Burkina Faso et une fois fait, les commerçants n’auront plus à se déplacer pour leur commande en chine par exemple, et par ricochet participera à la création d’emploi au pays. A cela, les commerçants avancent le coût élevé des produits manufacturés locaux. De peur donc de ne pouvoir engranger de bénéfice craignent-ils, « nous importons de l’étranger les mêmes produits à moindre coût ».

Une politique est par ailleurs mise en place permettant aux industriels de réduire leur coût de production afin de les rendre accessible aux commerçants, a rassuré le ministre. Autre préoccupation non moins important, est le temps mis à la douane de l’aéroport de Ouagadougou avec la marchandise amenée d’Europe. « Il faut attendre trois ou quatre jours avant que la quittance ne soit délivrée » se plaignent-ils.

Le ministre promet pour ce fait dépêcher incessamment une équipe du guichet unique du foncier à l’aéroport dans le but de constater à la douane les faits et mettre en place un mécanisme pour sortir de cette situation. Ayant des responsables sur place, les commerçants pourront suivre l’évolution en temps réel de la situation.

A.K Sanon (stagiaire)

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