Bobo-Dioulasso : des transporteurs pour la gestion du fret par le CBC

L’union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) a décidé d’observer un arrêt de travail, depuis le mercredi 14 octobre 2020, sur toute l’étendue du territoire national et ce, pendant 96 heures. Ils disent protester contre l’ingérence et la mauvaise gestion du fret par le gouvernement. Une partie des transporteurs routiers, ne consentant pas à cette grève, a décidé de se démarquer de la lutte.

Protester contre « l’ingérence » du gouvernement dans la gestion du fret est la principale raison de la grève des chauffeurs routiers du Burkina Faso débuté le mercredi 14 octobre 2020.

Pour Moussa Maïga, chauffeur routier, en plus de la question du fret, il y a d’autres questions qui motivent aussi ce mouvement d’humeur. « Nous luttons aussi contre les tracasseries routières, les bons de chargement, le stationnement, le salaire », a-t-il souligné.

Pour ce faire, il lance un appel à ses camarades chauffeurs routiers à respecter le mot d’ordre de grève pour la défense de leurs intérêts communs.

Pour Seydou Koné du groupe Sanpawendé, il s’agit d’une revendication pacifique. De ce fait, il a invité ses camarades à ne pas s’adonner à la violence pendant la période de grève.

Du côté des transporteurs, c’est un autre son de cloche qui se fait entendre. Pour la plupart, ils se démarquent de ce mouvement d’humeur. « Nous ne faisons pas parti de la grève tout simplement parce que nous estimons que le décret pris par le gouvernement est salutaire dans la mesure où nos organisations n’arrivent pas à s’accorder sur la question de la gestion du fret. C’est donc normal que le gouvernement puisse s’emparer du sujet pour le traiter » a laissé entendre Issouf Sankara, un acteur du domaine du transport.

Youssouf Sankara est pour la gestion du fret par le CBC

Il indique que le gouvernement a bien fait de confier la gestion du fret au conseil burkinabé du chargement (CBC). « Cela permet d’avoir une bonne répartition du fret sans qu’il n’y ait de problème » a-t-il ajouté. Il dit ne pas comprendre le motif de la grève et se désengage complètement de cette lutte. Car pour lui, le domaine du transport constitue un poids économique donc il n’est pas intéressant de confier sa gestion à quelques individus.

Evariste Kamboulé, transporteur routier est d’avis que la grève n’a pas sa raison d’être. Il souligne que le gouvernement a demandé la mise en place d’une faîtière unique pour pouvoir confier la gestion du fret aux acteurs eux-mêmes.

Malheureusement, regrette-t-il, la mésentente fait que les acteurs du transport n’arrivent pas à s’accorder sur un point. Chose qui a poussé le gouvernement à confier la gestion du fret au CBC, qui est une institution étatique en entendant qu’ils s’accordent sur une faîtière unique.

Mamadou Kanté, transporteur, est d’accord qu’on confie la gestion du fret au CBC. « On a toujours eu des problèmes avec l’OTRAF, c’est mieux de donner l’occasion au CBC de prendre la gestion au moins une année, s’il s’en sort, on continue avec lui, sinon on arrête. Ce changement peut nous être bénéfique. Personnellement je n’approuve pas cette grève » a-t-il laissé entendre.

LD et Abdoul Karim.E Sanon

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