Bobo-Dioulasso : Ces petits commerçants qui risquent leur vie aux pieds des feux tricolores

Le petit commerce aux pieds des feux tricolores est un phénomène qui prend de l’ampleur à Bobo-Dioulasso. Si ces petits commerçants gagnent leur vie grâce leur activité, il n’en demeure pas moins que les risques sont énormes. Une équipe de Ouest Info s’est intéressée à ce type de commerce et ses dangers dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Ils sont nombreux ces commerçants qui cherchent leur pain quotidien chaque jour que ce soit dans la vente de lotus, de jouets pour enfant ou encore des cache-nez. Nous les remarquons aux pieds des feux tricolores dans la ville de Bobo. La plupart sont vendeurs ambulants, tout le temps arrêtés sur la chaussée, ce qui n’est pas sans conséquence dans la fluidité de la circulation et met souvent en danger la vie de ces commerçants.

Nous sommes au niveau du pont d’Accart-Ville près du feu tricolore. On remarque ces petits commerçants ambulant se faufiler entre les véhicules ne serait-ce que pour dénicher un client et se faire un peu de sous.

Notre équipe rencontre deux hommes pas trop jeune dont l’un d’entre eux nommé Adama  Sanou nous dit ceci : « avoir 500 fcfa par-ci, 250fcfa par-là, cela peut assurer notre repas de la journée. On s’arrête au feu parce qu’en période de fraicheur on est amené souvent à vendre des cache-nez et avoir un peu d’argent pour manger. Mais nous vendons également des lotus, des cotons tiges… Le matin nous déposons les marchandises devant le kiosque juste à côté mais le soir on va vers le goudron, une fois le feu rouge, on se faufile entre les véhicules parce qu’on ne sait jamais, un passager peut nous appelez souvent même de l’autre côté de la chaussée. »

Un peu plus loin, un autre vendeur de jouet évoque les raisons qui l’ont poussé et les risques auxquels il s’expose. « Je vends ici parce que je n’ai pas pu avoir de place où m’installer. Sinon qu’au marché il y a plus de clients et c’est moins risqué. Ici je m’expose aux accidents de la circulation ou à d’autres faits inexplicables qui peuvent arriver et auxquels tu ne t’attends pas. », a-t-il expliqué

Ce type de commerce qui engendre des revenus pour ses pratiquants n’est pas du goût de certains usagers de la route

Pour Roger Sawadogo, vendeur de Lotus pour automobile, c’est un commerce pas du tout facile car certains usagers se plaignent parce qu’à tout moment quelqu’un peut dévier et te renverser. Lui sa motivation à vendre sur le goudron est le fait que sa marchandise se vend pour la plupart du temps dans les alimentations ou en se promenant. Il s’est dit « mieux vaut s’arrêter aux feux pour vendre que de voler ou quémander car il n’y a pas de sot métier. On prie Dieu seulement pour qu’il ne nous arrive rien. Et c’est à ces endroits que se trouvent les clients. »

Issa Kaboré affirme que cela lui déplaît, il trouve  dérangeant dans la circulation et pense que les vendeurs peuvent les causer souvent des accidents, le fait de passer devant les véhicules n’est pas du tout intéressant, s’ils s’installent et reste sur place au bord du goudron c’est encore mieux, dit-il d’un ton ferme qui camoufle mal sa colère.

Widad Djimadoun et Sarah Ouattara ne sont pas du même avis. Elles voient plutôt le côté positif car c’est un travail honnête du moment où cela empêche de devenir un voleur, un mendiant ou de rester au chômage. « C’est une bonne initiative car ils essayent de se débrouiller pour subvenir à leur besoins » conclu Widad Djimadoun.

Quoiqu’on dise, cette activité présente des dangers indéniables non seulement pour ces petits commerçants eux-mêmes mais aussi pour les usagers. Il appartient donc à l’autorité communale de ne pas laisser ce phénomène se normaliser de lui-même pour devenir plus tard un mal difficile à combattre.

Astride Faouzia SANOU/stagiaire (Ouest-info.net)

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