Berges du marigot Kua: Fatigués d’attendre, les deguerpis de 2019 reconstruisent leurs maisons

Les deguerpis des berges du marigot Kua depuis 2019 tiennent des rencontres hebdomadaires pour se concerter et s’informer sur leur situation. Et c’est au cours d’une de ces rencontres dans la matinée de ce dimanche 27 février 2022 que les victimes du déguerpissement réunies en association ont expliqué les raisons de la reconstruction de leurs maisons sur le site d’où ils avaient été déguerpis il trois (03) ans.

Depuis avril 2019, ce sont des centaines de personnes qui se sont retrouvées sans toit. Pour cause, le maire de l’arrondissement 4, Bakoné Millogo, les avaient déguerpis.

Et comme raison de ce déguerpissement, plusieurs versions ont été servie. Sans lâcher prise, les populations victimes ont formé une association dénommée Djiguya et ont entamé plusieurs démarches pour mieux comprendre la situation et tenter de trouver une solution pour leur relogement.

C’est ainsi que plusieurs promesses leur avaient été faites à l’issue de rencontres avec des autorités. Mais malgré cela, les semblaient aller à la traine pour les déguerpis.

Les déguerpis reconstruisent leurs maisons malgré les risques

Face aux promesses non concrétisées des autorités, les déguerpis ont de décider de réaménager sur leur ancien site. Depuis le dernier trimestre de l’année 2021, des maisons ont commencé à repousser sur les lieux. A la question de savoir pourquoi, le secrétaire général de l’association Djiguya,  Dafrassin explique.

Les déguerpis se réunis tous les dimanches pur échanger autour de leur situation

« Depuis notre déguerpissement, on a entamé plusieurs démarches qui ont été couronnés de promesses mais jamais  concrétisées. Alors qu’il y a beaucoup d’entre nous qui n’ont pas où dormir. C’est pourquoi depuis maintenant plus de quatre (04) mois, on a décidé de permettre à ces camarades là de pouvoir construire sur le site pour reloger en attendant une solution définitive. Mais avant cela, nous avons tracée des routes pour ne plus que l’installation se fasse anarchiquement. C’est ce qui justifie ces nouvelles constructions sur le site » explique le secrétaire général de l’association des déguerpis, Dafrassin Sanou.

Toutefois ce dernier et ses camarades s’indignent du dernier communiqué du haut-commissaire du Houet, Lamine Soulama, qui fait cas « d’individus mal intentionnées ont profité de le dissolution des conseils municipaux » pour faire des spéculations foncières. Pour Dafrassin Sanou, ces propos ne sont pas de nature à apaisée leur situation. « Notre action de réaménagement du site ne date pas de la dissolution des conseils municipaux. Nous sommes dans cette dynamique depuis maintenant plus de quatre (04) mois. Nous traiter d’individus malveillants comme s’il ne nous connaissait pas n’est du tout de bon goût surtout de la part d’une autorité. C’est parce que nous ne sommes pas content de cette attitude que nous en avons fait un point important de notre ordre du jour. C’est d’ailleurs parce que les conseils municipaux ont été dissous sinon, on avait commencé à trouver avec le maire une solution à notre problème.  Dire donc que nous voulons profiter de la situation pour nous réinstaller n’est pas vrai », a souligné le secrétaire général de l’association Djiguya.

Ce dernier explique leur obstination à rester sur le site d’où ils ont été déguerpis par le fait qu’il n’y a aucune raison valable qui explique clairement leur déguerpissement.

Notons que ce sont environ 400 chefs de ménage qui sont en attente d’être relogés avec leurs familles. Parmi ces personnes recensées, il y a déjà 8 personnes décédées et 2 cas de folie dont les familles sont dans l’attente d’un gain de cause pour leur relogement.

Pour les responsables de l’association, ce déguerpissement qu’ils jugent illégal crée impunément une situation de détresse humaine dans un contexte national assez confus.

Pour eux, il aurait fallu éviter d’ajouter des problèmes aux problèmes car si problème social il y a à Bobo-Dioulasso, le cas du déguerpissement des populations des berges du marigot Kua en est un.

Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net

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