Appolinaire Compaoré en procès contre les commerçants du Black

Pour les patrons de maquis et autres établissements au niveau du Black, il est difficile de quitter les lieux sans faire d’énormes pertes. Pour ces gens qui se débrouillent, les moyens manquent sérieusement. Aussi ont-ils sollicité du propriétaire de l’espace, qui n’est nul autre que le grand opérateur économique Appolinaire Compaoré, un accompagnement financier afin de pouvoir s’installer ailleurs. Celui-ci refuse d’accéder à cette requête et a même intenté un procès contre eux.

L’espace dont il est question, sur la rue André Aubaret, communément appelée Black et qui est le lieu préféré des maquisards à Bobo, c’est une propriété d’Appolinaire Compaoré depuis plus d’une vingtaine d’années. Depuis toujours le Black est connu pour être la rue du commerce à Bobo-Dioulasso. Plusieurs commerçants y tiennent leurs boutiques, ateliers, maquis, bars, restaurants et autres…

Malheureusement, depuis novembre 2018 ces derniers ont été sommés de quitter les lieux. Le patron de la compagnie de téléphonie mobile TELECEL, Appolinaire Compaoré donc, voudrait y construire le siège d’une banque.

Mais de prolongation en prolongation, à la demande des commerçants, la date butoir de l’ultimatum a été repoussée jusqu’au 28 juin prochain.
Toutefois, il a fallu qu’Appolinaire Compaoré amène l’affaire au tribunal du commerce, parce que les 19 promoteurs concernés par cet avis de déguerpissement insistent pour que l’opérateur économique les assiste par un accompagnement financier, afin qu’ils puissent installer leur commerce ailleurs.

Demande à laquelle M. Compaoré refuse de satisfaire et même si les concernés disent reconnaitre se droit à l’homme d’affaires. Il se trouve que ces commerçants disent ne pas avoir les moyens suffisants pour se déplacer, au vu des coûts et sans compter la perte de clientèle que ce déplacement engendrera, disent-ils.

Pour nombre d’entre eux, cette mise en garde d’être déguerpis est un véritable choc, avec les nombreuses familles à entretenir et la perte d’emploi pour la deux centaines d’employers qui jusqu’ici gagnent leur vie à partir du Black.

Dans l’espoir que leur cause soit entendue par Appolinaire Compaoré, et comme aussi pour gagner du temps, les commerçants du Black ont fait appel du jugement du tribunal du commerce.
Rendez-vous leur a été donné le 16 mai prochain à la cour d’appel.

Wourodini Sanou

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