Aménagement de la piste rurale Sala-Dorossiamasso : Où est passée l’entreprise en charge des travaux?

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Sala et Dorossiamasso (Sékouna) sont deux village de la commune rurale de Satiri dans la province du Houet. La principale piste reliant les deux (02) villages se trouve dans un état de dégradation indescriptible. C’est ainsi que dans le cadre de la réalisation des 5000 kilomètres des pistes rurales promis aux populations rurales par le président du Faso, des travaux d’aménagement avaient été engagés sur cette route qui relie les deux villages. Mais depuis maintenant près de deux ans, les travaux sont à l’arrêt plongeant les usagers dans une sorte d’embarras entre attendre le retour de l’entreprise et entreprendre eux-mêmes des actions de maintien ou d’amélioration de l’état de la piste qui lie le village de Sékouna communément appelé Dorossiamasso au village de Sala situé sur la route nationale numéro 10 (route de Dédougou). Où est passée l’entreprise et à quand la reprise des travaux d’aménagement de cette piste rurale ? Questions que se posent les bénéficiaires de l’ouvrage notamment les habitants de Dorossiamasso qui ne croisent pas les bras face au mauvais état de la route qui les désenclave.

L’état de la route en saison des pluies

Sala-Dorossiamasso (Sékouna), c’est un tronçon d’environ une dizaine de kilomètres qui relie les deux villages de la commune de Satiri située dans la province du Houet.

Se trouvant en très mauvais état, un projet de travaux d’aménagement entrant dans le cadre du programme de réalisation des pistes rurales du gouvernement, avait été engagé. Mais les travaux aussitôt débutés, l’entreprise s’est éclipsée avec tout son matériel. Que s’est-elle passée ? L’entreprise est en tout cas jusque-là inconnue des bénéficiaires de la piste.

Du chef de village de Sékouna (Dorossiamasso) au maire de la commune en passant par le préfet, aucune des autorités que nous avons touchées n’a pu nous donner des informations sur l’entreprise et les travaux d’aménagement. Et pour cause, l’entreprise serait venue commencée les travaux sans se présenter à aucune de ces autorités locales.

Maré Millogo est le chef du village de Sékouna (Dorossiamasso). Il dit n’avoir été informé ni impliqué dans l’aménagement de la piste qui rallie son village à la route nationale numéro 10. « C’est un jour que je partais en déplacement et je les ai vu en train de creuser sur le tronçon. Je me suis arrêté pour savoir ce qu’il en était. Et ceux qui étaient sur les lieux m’ont appris que la piste devrait être aménagée et que c’était le début des travaux. Sans rien savoir de plus, j’ai continué ma route. Sinon ils n’ont pris attache avec personne car je me suis renseigné avec le maire et il m’a fait savoir qu’il n’était au courant de rien » nous a confié le chef de Sékouna.

Pour lui : « ne pas impliquer les autorités locales ni les populations n’est pas un problème en tant que tel si les travaux se poursuivaient normalement. Ils sont venus nourrir les usagers de faux espoirs et repartir sans rien dire à quelqu’un alors que les habitants de mon village se mobilisaient avant leur arrivée pour trouver une solution à la route. Car en saison hivernale, une ambulance ne peut pas venir dans le village pour évacuer un malade. Ils ont ainsi brisé notre élan et le tout est à reprendre » s’est indigné le chef de village d’un ton calme et sage.

En attendant, les populations se mobilisent….

En désespoir de cause, ces populations du village de Sékouna (Dorossiamasso) avec le soutien de la diaspora du village (natifs du village vivant ailleurs) se sont mobilisées le mercredi 27 août en pleine saison de pluie pour effectuer des travaux pour rendre la piste praticable.

Munis de pioches, dabas, pelles, gans ; les bras valides de Sékouna n’ont pas marchandé leur mobilisation pour faciliter l’accès à leur village. Divisés en trois (03) équipes, les travailleurs du jour ont partagé les tâches.

Pendant que certains préparent les zones à réparer, d’autres se chargent du transport de sable et de pierres dont certains autres sont à la recherche à environ quatre (04) kilomètres des lieux.

Eric Konsa Millogo est un habitant de Sékouna (Dorossiamasso). Actif sur le terrain des travaux de réparation de la route de son village, il justifie son engagement par le fait le village est presque enclavé en cette saison pluvieuse. « Nous nous sommes mobilisés aujourd’hui car la route était en chantier mais les travaux ne sont pas allés jusqu’au bout. Du coup, notre village se retrouve être difficilement accessible. Quand il pleut, les ambulances ne peuvent plus venir. On est souvent obligé de trimballer nos malades pour croiser les ambulances car il les est impossible d’arriver chez nous. En plus de cela, les camions qui viennent faire le marché chez nous restent parfois bloqués à des kilomètres du village. Ce qui bloque aussi notre économie. C’est donc la principale raison qui nous a motivés à cette action. Nous comprenons que l’autorité ne peut pas tout faire mais on souhaite qu’à partir de ce que nous avons commencé, elles puissent nous donner un coup de main ne serait-ce qu’à faire revenir l’entreprise qui avait débuté les travaux d’aménagement » a expliqué Eric Konsa Millogo d’une voix implorante.

Ces travaux demandant des moyens financiers, le chef du village nous confie que ce sont les populations qui se sont cotisées de l’argent pour que l’activité de réparation ait lieu : « Ce sont les populations qui ont avec l’accompagnement des natifs du village qui se trouvent à Bobo, Ouaga et même hors du pays, cotisé pour l’entretien de la route afin qu’elle soit praticable sur une longue durée. En plus de l’argent cotisé, il y a certains qui ont mis à la disposition de l’initiative leurs tricycles et matériau. Pour cela, je salue les efforts de tous et j’invite tout un chacun à être toujours solidaires des initiatives qui visent le bien-être et le développement du village de Sékouna (Dorossiamasso) ».

Même l’administration locale ignore l’existence de l’entreprise…

L’entreprise s’en est allé laissant derrière elle, ses panneaux de signalisation

Préfet du département de Satiri, Fatimata Tall ignore tout de ce qui est relatif à l’aménagement de cette piste rurale qui était confié à une entreprise. Toutefois, elle a salué l’initiative populaire de trouver des solutions au mauvais état de leur route en entendant le retour de l’entreprise disparue dans la nature sans avoir terminé les travaux d’aménagement. 

Pour manifester son soutien à l’activité des populations de Sékouna (Dorossiamasso), Fatimata Tall leur a envoyé une contribution financière personnelle. En plus de cela, elle a mobilisé la police pour sécuriser l’activité vu qu’elle regroupait du monde. A sa rencontre, le préfet nous a confié n’être au courant de rien sur l’aménagement de cette route par une quelconque entreprise à laquelle le marché a été attribué.

Face aux incessantes demandes de compréhension des usagers de la route en question, Fatimata Tall a suggéré à ces derniers de saisir le maire ou le préfet par correspondance écrite afin que par voie administrative, les responsabilités soient situées si responsabilité il y a. Chose que les populations ont promis de faire.

Pour mieux nous imprégner de ce qu’il en est réellement de la question, avec insistance nous avons tenté en vain une rencontre avec le directeur provincial du Houet en charge des infrastructures. Ce dernier ne s’est pas rendu disponible pour répondre à nos sollicitations.

En entendant d’être situé sur le sort de leur route comme pour beaucoup d’autres localités de la province du Houet, les populations de Sékouna (Dorossiamasso) ont décidé d’atténuer leur calvaire au lieu de se morfondre dans une attente ennuyeuse à une solution à leur problème de la part de l’autorité. Mais tout compte fait, où est passée l’entreprise qui avait en charge les travaux d’aménagement de la piste Sala – Dorossiamasso depuis maintenant plus de deux (02) ans ?

Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net

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