Remous sociaux au Burkina Faso: le Cfop préconise un dialogue franc

Le Chef de file de l’opposition a tenu ce mardi 19 mars 2019 à Ouagadougou sa conférence de presse hebdomadaire pour donner sa lecture de la situation nationale. Quatre points étaient inscrits à l’ordre du jour.

Réaction relative au rapport du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) sur d’éventuelles violations des droits humains au Burkina Faso, le passage à la 5e République, les remous au ministère de l’Economie et des Finances et les revendications des travailleurs de l’éducation, tels ont été les points qui ont fait l’objet de discussion à ce point de presse animé par Mamadou Kabré président du PRIT-Lannaya et Yumanli Lompo président du Part national des démocrates sociaux (PNDS).

                                                « Nous sommes contre toute exécution sommaire… »

Au cours d’une conférence de presse tenue le 13 mars dernier, le Mouvement burkinabè des Droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) avait déclaré qu’il y a eu des exécutions sommaires dans une opération des FDS qui avait permis de tuer 146 terroristes dans les localités de Kain et environnants.

«Nous sommes contre toute exécution sommaire et extrajudiciaire, parce qu’elle comporte des risques énormes d’erreurs et peut être utilisée comme instrument de règlement de compte ciblant des individus ou des groupes» a affirmé Mamadou Kabré président du PRIT-Lannaya.

A en croire ses propos, aucun citoyen n’est protéger contre un complot ou un règlement de compte de la part de l’ennemi, d’un concurrent ou d’un adversaire. Il a en outre fait savoir que le gouvernement et le MBDHP doivent se concerter pour permettre que, lorsqu’il y’a des erreurs dans l’exécution des missions des FDS, ces erreurs puissent être corrigées.

      « L’idée du referendum a été un point inscrit dans le programme de la plupart des                       candidats à la présidentielle de novembre 2015…»

S’agissant du passage à la Vème République, l’opposition dit n’avoir exercé aucune pression sur le président Kaboré pour qu’il décide qu’on aille au référendum contrairement au MPP qui avait fait croire à l’opinion nationale que, c’est l’opposition qui refusait la voie parlementaire.

«L’idée du referendum a été un point inscrit dans le programme de la plupart des candidats à la présidentielle de novembre 2015, et Roch Kaboré étant élu président, veut effectivement répondre à son engagement. Il l’appartient de décider de ce qu’il veut faire du travail qui a été fait par le Conseil Constitutionnel. Nous n’avons pas à imposer au Chef de l’Etat une conduite par rapport à l’adoption de la Constitution. Il doit pouvoir prendre la mesure si oui ou non est ce opportun d’aller à la 5è République. C’est à lui de répondre et non à l’opposition de l’imposer la conduite à tenir. Il a pris sa décision librement et en connaissance de cause» a précisé le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumali Lompo.

Pour éviter une certaine dérive selon lui, il faudra coupler les législatives et la présidentielle de 2020 afin de permettre au peuple de choisir un président et lui offrir du même coup une majorité parlementaire à gouverner.

Pour l’opposition, il est hors de question de découper les élections législatives et présidentielle de 2020. Car, selon les explications de M. Kabré, «si l’on retarde l’élection des députés, le Président élu risque de n’avoir pas la majorité pour gouverner ce qui entrainera une crise institutionnelle. Si suite à cette crise, l’Assemblée nationale est dissoute, cela accentuera la crise et entrainera des dépenses de plusieurs milliards pour organiser de nouvelles élections législatives».

Sur toutes les différentes questions de crises, que ce soit au Mena, au Minefid, le Cfop préconise le dialogue comme solution mais M. Kabré d’avertir, «chaque partie pris individuellement sur la question des droits acquis, sur l’éducation, la santé, nos positions sont de sorte à faire à ce que le peuple soit satisfait du paiement de ses impôts au profit de l’Etat tout entier».

Wendlasida Savadogo, correspondant à Ouaga

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