Redéploiement des enseignants de Bobo: des agents « protégés » par des responsables (Synapager)

Ceci est une lettre ouverte de la section des Hauts-Bassins, du syndicat national des personnels de l’administration et de gestion de l’éducation et de la recherche (Synapager/Hauts-Bassins), adressée au directeur régional de l’enseignement préscolaire, primaire et non formel des Hauts-Bassins. Lisez !

Dans le cadre de la mise en œuvre des affectations pour nécessité de service à titre exceptionnel des personnels du MENAPLN, session de 2019, la recherche d’une gestion efficace et efficiente occupe une place choix.

Pour atteindre cet objectif, une répartition judicieuse desdits personnels sur le terrain et dans les bureaux a été une recommandation forte des participants au conseil de cabinet du MENAPLN élargi aux responsables des structures centrales, déconcentrées, rattachées et de mission.

Aussi, si l’esprit qui a prévalu à la prise de cette décision majeure est fort louable, son opérationnalisation, elle, semble être empreinte de mauvaise volonté. En effet, tout porte à croire que certains responsables sont animés d’une volonté déguisée de protéger des agents.

C’est le cas des Circonscriptions d’Education de Base (CEB) de la ville de Bobo-Dioulasso où la pléthore d’agents au bureau n’est pas concernée pas le redéploiement en cours. A la CEB Bobo 5 par exemple, lors des travaux du secrétariat technique, la liste nominative du personnel au bureau faisait état de trente-trois (33) agents parmi lesquels dix-huit (18) agents étaient susceptibles d’être redéployés.

Malheureusement, l’inspecteur Chef de Circonscription d’Education de Base (CCEB) n’a pas voulu voir redéployé un seul, sous prétexte qu’il y a un vide juridique dont son exploitation lui permet de ne pas limiter le nombre d’agents au bureau dans sa CEB. N’est-ce pas là, un véritable contraste ? Le CCEB s’est constitué en Conseil National de Santé en identifiant et proclamant tel ou tel agent malade après s’être investi de tous les pouvoirs de l’instance (CNS).

Ainsi dans la même CEB, on peut constater amèrement la présence de neuf (09) agents tous jouant le rôle de secrétaires de l’inspection ; Neuf (09) agents environs à l’encadrement dont 04 Instituteurs principaux et un (01) Instituteur certifié (IC) ; Deux agents dits malvoyants sont utilisés comme agents de liaison. La question c’est comment des malvoyants peuvent parcourir les artères de la ville de Bobo pour les courses administratives, efficacement et sans risques ?

Monsieur le Directeur Régional, on n’a pas besoin d’un œil d’expert en matière de gestion des ressources humaines pour s’apercevoir que celle (la gestion) du personnel dans les CEB et en particulier dans la CEB de Bobo 5 est aux antipodes de la mesure exceptionnelle d’affectations pour nécessité de service en cours. Même si on concède au premier responsable de la CEB l’exploitation du vide juridique, on ne saurait se déroger de la loi 081 en son article 42 qui dispose que : « tout fonctionnaire à la tête d’un service est responsable de la gestion efficace et efficiente des ressources humaines »

En nous fondant sur le cas de Bobo 5, nous sommes tentés de croire que dans toutes les CEB de la région, lors des travaux des secrétariats techniques on n’a pas statué sur le cas de la pléthore d’agents dans les bureaux. De ce point de vue, il y a urgence à revenir sur les travaux des secrétariats technique en prenant en compte l’ensemble du personnel dans le processus de redéploiement en cours et conformément aux instructions du MENAPLN et du guide qui y est consacré.

Aussi, nous interrogeons-nous sur les raisons objectives qui font que les enseignants en classes sont redéployables et ceux au bureau et les PAG non. Le hic, est que beaucoup d’enseignants au bureau bénéficient des mêmes avantages pécuniaires que les enseignants en classe qui ploient sous le poids des effectifs largement au-dessus des normes requises, mais ne sont pas prêts à retourner sur le terrain.

Pourquoi les enseignants en classe mériteraient-ils, eux et eux seuls, d’être redéployés malgré les nombreux sacrifices consentis et pas les autres agents au bureau et dans toutes les directions ? Le fait d’être affecté au bureau fait-il de nous agent inamovible et échappant à des mesures à caractère national et impersonnel ? Nous pensons que tous les agents du MENAPLN qu’ils soient PAG, enseignants ou encadreurs qui sont sous employés doivent être concernés par la mesure exceptionnelle.

Le SYNAPAGER, tout en condamnant la mauvaise gestion du personnel, s’inscrit dans un processus de redéploiement débarrassé des effets néfastes de la trinité de la mauvaise volonté : le favoritisme, l’abus et le non-conformisme. C’est pourquoi, nous estimons que pour meilleure réussite de l’opération, les syndicats devraient être représentés par corps de métiers. Cela aura l’avantage de poser les bases d’une gestion efficace et efficiente à travers des échanges équilibrés et francs.

Tout en espérant qu’une oreille attentive sera réservée à nos préoccupations, nous vous prions d’agréer Monsieur le Directeur Régional l’expression de notre franche considération.

Pour le Bureau
Le Secrétaire Général
Kalfa OUATTARA

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