Marché du secteur 17 de Bobo : les occupants révoltés

15 août 2019. C’est la date butoir donnée aux occupants du marché du secteur 17 de Bobo-Dioulasso pour quitter les lieux. Pour cause, le conseil municipal de l’arrondissement 5 voudrait entamer les travaux de construction dudit marché. Cette décision n’est pas du goût des occupants des lieux qui soupçonnent le maire Christophe Sanon de vouloir « les chasser du marché au profit des riches ».

L’état actuel du marché

A priori, la construction d’un marché est une très bonne chose en ce sens qu’elle permet d’organiser l’activité commerciale qui s’y mène pour le bonheur des acteurs mais aussi de la collectivité.

Mais au secteur 17 de Bobo-Dioulasso où le maire de l’arrondissement 5 envisage la construction du marché, les occupants, « loin d’être contre » cette initiative, sont inquiets.

Au cours d’une conférence de presse qu’ils ont animé dans l’enceinte dudit marché ce lundi 5 août 2019, les occupants (femmes et hommes) ont fait savoir les raisons de leur refus de quitter les lieux. « Nous nous débrouillons ici pour nourrir nos familles respectives. Le maire veut nous déguerpir pour construire le marché. C’est une très bonne chose. Mais les prix des hangars qui sont fixés entre 1 et 6 millions de francs cfa, ne sont pas à la portée de pauvres femmes comme nous » a laissé entendre Ouattara Biba/Doumbia.

Pour Moctar Kaboré, les prix des hangars sont fixés à dessein. « Cette manière  de fixer les prix des hangars sans tenir de la situation économique des occupants actuels du marché est une façon de chasser les pauvres pour donner le marché aux riches . Personne, dans ce marché, ne peut payer un hangar même d’un million dans un délai d’un an à plus forte raison ceux de 6 millions. C’est une manière de nous chasser » s’est-il convaincu.
Pour lui, le maire Christophe Sanon ferait mieux de s’occuper des fréquentes inondations dans le secteur qui serait selon lui, une urgence de l’heure. « Nous ne bougerons pas d’un pas » a-t-il lâché d’un ton autoritaire.

Elles sont inquiètes si toutefois on venait à les déguerpir du marché

Contrairement à ce dernier, Moussa Konkobo quant à lui, joue la carte du dialogue. « Nous ne sommes pas contre la construction du marché. D’ailleurs, c’est dans notre intérêt à tous. Seulement, les prix des hangars tels que fixés, ne sont pas à notre portée » a-t-il martelé avant d’inviter le maire au dialogue car la force selon lui, «  n’a jamais résolu une situation ».

« Nous voulons que le marché soit construit, mais que les prix des hangars soient fixés à partir de 500 000 fcfa afin que nous puissions tous en avoir car si nous quittons ces lieux, c’est la catastrophe » a-t-il plaidé.

Jack Koné

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