Marché du mouton à Bobo : morosité, cherté et indisponibilité

A l’orée de l’Aïd El-Kebir, des artères de la ville de Bobo- Dioulasso sont pris d’assaut par des vendeurs de moutons à l’occasion de cette fête communément appelé ‘’fête des moutons’’. Mais comparativement aux années antérieures, les riverains jugent assez exorbitant le prix dudit animal. Du reste, plusieurs raisons justifient une telle hausse des prix de ce ‘’quatre pattes’’.

Selon Idrissa Bolly, vendeurs de moutons, après 20 ans de services dans le domaine, c’est la première fois qu’il se retrouve confronté à une telle situation. Contrairement aux pensées de la population, eux-mêmes vendeurs sont confronté à des difficultés d’approvisionnements, souligne-t-il.

L’une des raisons dit-il est la disponibilité de vivres qui n’incite pas ceux du Nord du pays à vendre leur bétail. Une autre est dû à la saison des pluies qui ne favorise pas ajoute-t-il, la prolifération de l’animal en question. La troisième raison comme on peut s’en douter est la situation sécuritaire au Nord, d’où provient l’essentiel du bétail fourni sur l’étendue du territoire nationale.

La combinaison de ces différentes raisons fait du mouton cette année pour la tabaski ‘’un luxe’’ dont beaucoup sont prêts à s’en passer. Tenez par exemple, le type de mouton qui était vendu l’année dernière à au moins 35.000 FCFA, nous confie Idrissa Bolly est vendu à 45.000 FCFA cette année.

Et c’est le prix minimum qu’il propose actuellement pour le bétail dont il dispose. Son plus gros bélier, lui est à 160.000 FCFA. Un prix selon lui très raisonnable car chez d’autres confrères, le plus gros bélier est vendu en moyenne entre 300.000 FCFA et 500.000 FCFA et ce, en fonction de son envergure.

Cette situation n’est par ailleurs pas sans conséquence sur la vente du mouton cette année, confirme Idrissa Bolly. L’affluence de la clientèle ne semble pas être au rendez-vous comme désirée par sieur Bolly. Pourtant dit-il, si la marchandise devrait s’écouler comme voulu, sa répondrait difficilement au besoin de la population de Bobo- Dioulasso, compte tenu de sa disponibilité, selon son analyse.

Dans la religion musulmane, la Tabaski est une fête qui commémore le sacrifice d’Abraham et à l‘occasion, les fidèles sacrifient un mouton.

Abdoul -Karim Etienne Sanou

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