Lutte contre l’enrôlement des enfants dans les conflits armés: 30 acteurs de la société civile des Cascades outillés

Le Ministère des Droits Humains et de la promotion Civique a organisé à Banfora du 30 juillet au 1er août 2019, un atelier de formation et de sensibilisation sur la protection de l’enfant contre l’enrôlement dans les forces armées et la participation aux conflits armés à l’endroit des trente (30) membres des organisation de la société civile (OSC) dans la région des cascades.

A l’issue de cette formation, ils sont désormais aptes à participer à la lutte contre le phénomène

L’objectif de cette session est de renforcer les capacités des membres de ces OSC afin de minimiser le risque de recrutement d’enfants dans les groupes et forces armées.

Il s’est agit au cours de cette formation, d’outiller ces 30 acteurs d’OSC de la région des Cascades sur les règles de protection des enfants contre leur implication dans les conflits armés ; de porter à leur connaissance les techniques et méthodes d’intervention et d’approche en matière de prévention de l’enrôlement et de l’utilisation des enfants dans les conflits armés ; de les amener à jouer pleinement leur rôle de veille, d’éducation et d’interpellation en cas d’enrôlement ou de risque de participation des enfants dans les forces ou groupes armés.

Plusieurs modules leur ainsi été développés. Ce sont entre autres les généralités sur les droits internationales humain ; la réglementation du recrutement et de la participation des enfants aux hostilités ; la criminalisation et répression du recrutement et la participation des enfants aux conflits armés ; la protection de l’enfant privé de liberté en période de conflit armé ; la responsabilité pénale des enfants pour les cimes liés à leur participation aux conflits armés.

Le recrutement et l’exploitation d’enfants dans les conflits armés sont interdits

Selon le rapport 2016 de l’Uunicef en effet, des filles et des garçons de moins de 18 ans sont recrutés et exploités par des groupes armés dans 20 conflits répartis sur quatre régions du monde à savoir l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique Latine. On estime à environ « 300 000 » de nos jours, le nombre d’enfants qui combattent à travers le monde.

L’implication des enfants dans les conflits armés se fait sous diverses formes. Dociles, obéissants et plus faciles à manipuler que les adultes, les enfants sont souvent utilisés comme combattants, cuisinier, porteurs, espions, gardien, garde-du-corps, esclave sexuels ou détenteurs de mines.

Pourtant, le recrutement et l’exploitation d’enfants dans les conflits armés est interdit par les conventions de Genève de 1949 et leur protocoles additionnels ainsi que le protocole additionnel à la convention relative aux droit de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Par ailleurs, l’implication d’enfants dans les conflits armés a été érigée en crime international par le statut de Rome. Instruments internationaux auxquels le Burkina Faso a ratifié.

Par conséquent, il a l’obligation de les mettre en œuvre en adoptant des mesures préventives y compris l’harmonisation de sa législation nationale et la diffusion le plus largement possible des règles et principes qu’ils contiennent.

C’est dans ce sens que le Comité interministériel des Droits Humains et du droit international humanitaire (CIMDH), structure nationale de coordination et de mise en œuvre du droit des conflits armés et des droits humains, s’attelle chaque année, à travers son Secrétariat permanent, à contribuer au respect de cette obligation par l’état à travers, entre autre, l’organisation de sessions de formation, d’information et de sensibilisation à l’endroit de la population de façon générale.

D’où l’organisation de cette session de formation qui concerne trois (03) régions administratives du pays sur la protection de l’enfant contre leur implication dans les conflits armés et ce, à raison de 30 acteurs par région. Elle entre en droite ligne de la politique sectorielle « justice et Droits Humains  2018-2027 » qui consacre son axe stratégique 2 à « la protection des droits humains et du droit international humanitaires ».

Une initiative saluée par plus d’un

Gouverneur de la région des cascades par ailleurs présidente de la cérémonie, Joséphine Apiou Kouara /Kaboré a remercié les responsables du comité interministériel des droits humains et du droit international humanitaire (CIMDH) pour la tenue de cette session dans les Cascades et encouragé les OSC pour leur mobilisation.

Une photo de famille pour immortaliser l’atelier

Le directeur régional des droits humains et de la promotion civique des cascades quant à lui, n’a pas manqué de manifester sa reconnaissance à l’endroit des autorités du Burkina Faso d’avoir choisi la région des cascades pour l’organisation de cet atelier et les autorités régionales pour leur accompagnement dans la protection des enfants. Il a aussi demandé aux OSC d’être des relais auprès de la population.

Représentant du mouvement pour la promotion de la démocratie et des droits humains, François Javier Sanon a remercié le ministère des droits humains et de la promotion Civique d’avoir initié cette formation et souhaite que ces genres de rencontre soient organisés de façon périodique dans toutes les 13 régions du Burkina Faso en impliquant tout le monde dans la protection des enfants.

JPP/Banfora

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