Lotissement forcé dans l’arrondissement 7 de Bobo

Exemple d’habitat spontanément construit à l’arrondissement 7 de Bobo

Malgré l’interdiction des lotissements, la question foncière demeure assez complexe à Bobo-Dioulasso. Un problème qui remonte à depuis les précédents lotissements bien avant même 2000. Certains attributaires n’arrivent toujours pas à accéder à leurs parcelles. Aujourd’hui le phénomène qui a libre cours à Bobo-Dioulasso c’est, ces habitats spontanés qui poussent comme des champignons dans certaines zones à ne pas lotir. Tenez par exemple, dans l’arrondissement 7 de Bobo. Là-bas, c’est carrément la pagaille.

D’abord, l’ancienne équipe municipale s’était sérieusement gourée en octroyant des papillons de recensement à la population, sans même que le document technique concernant le lotissement à l’époque ne soit ficelé. Conséquence certains demandeurs se sont retrouvés avec plusieurs parcelles, au détriment de la grande majorité où d’autres n’avait bénéficié de rien.

Le plus aberrant, c’est que certains parmi les détenteurs de multiples parcelles se sont mis à vendre leurs terrains. Aujourd’hui, ceux-ci se permettent même de morceler ces mêmes terrains pour les revendre en non lotis.
En plus de cela, il se trouve une autre catégorie d’attributaires qui aujourd’hui ignorent complètement où se trouvent leurs terrains. C’est ainsi que par exemple, le cimetière de Belleville a englouti près « de 500 parcelles ». Comment dédommager les intéressés !

Concernant les habitats spontanés, abusivement appelés ‘’zones non loties’’, Il y a plus de quatre zones concernées dans l’arrondissement 7. Jusque dans les zones agricoles où les propriétaires terriens s’adonnent à la vente de leurs terrains qu’ils morcellent de jour en jour.

Ces mêmes propriétaires terriens procèdent également à la cession desdits terrains, qu’ils avaient préalablement vendus à tiers, à d’autres personnes. Et ce n’est pas tout ; des promoteurs immobiliers seraient également en train de courtiser les propriétaires terriens.

Pour résoudre le problème du foncier urbain au Burkina Faso, le gouvernement de la transition avait pris, en novembre 2014, des mesures conservatoires parmi lesquelles la suspension de toutes opérations foncières.
Une enquête parlementaire avait été ensuite commise en 2016. Le rapport de l’enquête parlementaire a révélé que plus de 105 408 parcelles avaient été illégalement attribuées, la majorité se trouvant à Bobo et à Ouagadougou.

Finalement, l’actuel gouvernement, en conseil des ministres du jeudi 25 octobre 2018, a pris un décret autorisant la levée de la suspension des opérations de lotissement dans les communes du Burkina Faso. Sauf que le communiqué du gouvernement dit clairement que les communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ne sont pas concernées.

Toujours est-il que les habitats spontanés accroissent de façon très accélérée dans l’arrondissement 7 de Bobo. Face à la situation, le maire de cet arrondissement Hermann Sirima semble impuissant, malgré ses tentatives de bloquer le phénomène. « Nous sommes à la phase de recherche de solution. Nous avons entrepris des sorties dans les zones concernées pour sensibiliser les populations. Nous leur avons fait savoir que la création des habitats spontanée va créer des problèmes. Il faut circonscrire le problème et repartir sur de nouvelles bases. Nous avons dit plus d’habitats spontanés. D’ailleurs la loi du Burkina Faso interdit les habitats spontanés », Hermann Sirima.

Le problème est compliqué. Ni même le récent communiqué du maire central ne semble pouvoir dissuader les anarchistes.

Wourodini Sanou

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