Incendie de l’hôtel de ville de Bobo : Le bâtiment sera de nouveau opérationnel au plus tard début 2020

Lamine Sawadogo, SG de la commune de Bobo-Dioulasso

Après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, l’on pourrait dire sans aucun risque de se tromper que Bobo-Dioulasso, après Ouagadougou est la cité qui a payé le plus lourd tribut du courroux des manifestants, au vu notamment du saccage de son hôtel de ville. Quatre ans après les événements, cette bâtisse demeure toujours en ruine. Toute chose qui nous a poussé à aller vers le secrétaire général de la mairie, Lamine Sawadogo, pour comprendre se qui est entrepris dans le sens de la réhabilitation de la mairie. Selon le SG, les travaux de réhabilitation sont prévus et devraient s’achever d’ici à 2020. Lisez plutôt !

SG, depuis quatre ans, après l’insurrection, l’hôtel de ville est toujours en ruine. On a l’impression que la bâtisse est délaissée et qu’aucune réhabilitation n’est prévue. Est-ce le cas ? Sinon, qu’est-ce est fait à cet effet ?

Merci pour l’intérêt que vous porter à ce problème que connait la commune de Bobo, notamment l’incendie qui a ravagé le siège de la commune, la mairie centrale depuis 2014 et jusqu’à aujourd’hui, la ville sent les effets pervers de l’insurrection. Je voudrais rassurer que depuis la mise en place du nouveau conseil municipal, les dispositions sont en train d’être prises pour pouvoir réhabiliter le bâtiment.

Sachez seulement que dans les dispositions qu’il fallait prendre, c’était premièrement de demander au laboratoire national de mener une étude sur la structuration du bâtiment. Est-ce que malgré l’incendie le bâtiment peut être réhabilité et ce rapport à été posé l’année dernière et en cette année nous avons contacté un autre cabinet d’architecture pour pouvoir évaluer le montant de la consistance des travaux.

A l’heure actuelle, nous avons eu deux rapports: le premier rapport est un rapport sommaire sur la situation du bâtiment ; ensuite, nous avons eu un rapport intermédiaire qui nous donne un peu une idée de ce qu’il faut pour pouvoir réhabiliter le bâtiment. Aujourd’hui, nous attendons le rapport détaillé du cabinet pour nous préparer, pour que dès le début de l’année 2019 nous puissions entamer la procédure de recrutement d’un entrepreneur pour pouvoir faire le travail.

L’incendie de la mairie lors de l’insurrection populaire

Je voudrais également vous informer que la commune a été approchée par un certain nombre d’OSC et un certain nombre de personnes ressources pour voir dans quelle mesure on peut accompagner la commune pour mobiliser les ressources, pour aider à la réhabilitation de ce bâtiment. Donc un comité a été mis en place et ce comité a commencé à réfléchir sur la stratégie de mobilisation de ressources financières pour pouvoir accompagner la commune dans la réalisation du bâtiment.

Alors ce rapport dit clairement que le bâtiment peut être récupéré. A combien de francs ?

Le bâtiment peut être réhabilité et c’est dans l’ordre de 1 milliard 140 millions de F CFA. Nous attendons les détails. C’est une estimation globale et nous attendons le projet détaillé pour avoir les détails.

Est-ce-que ce sera le même plan ?

Oui ce sera le même plan.

Le document d’avant projet de réhabilitation de l’hôtel de ville de Bobo

Mais pourquoi donc les choses prennent autant de temps ?

Vous savez que c’est une réhabilitation. Il faut s’entourer de l’ensemble des expertises possibles pour que le bâtiment qui va sortir soit un bâtiment durable, un bâtiment moderne. Vous voyez que c’est plus d’un milliard et s’il faut aller faire des investissements de ce genre, et ne pas s’entourer de garantie, c’est une perte. Donc nous avons pris tout ce temps pour aller doucement mais surement pour qu’à la fin, la commune puisse trouver un bâtiment qui réponde aux ententes de la population, un bâtiment vraiment digne et à la hauteur de nos ambitions.

Était-il nécessaire d’installer un comité pour la mobilisation de fonds ? Était-il vraiment nécessaire de faire un appel de fonds, lorsque le budget de la commune de Bobo-Dioulasso est quand même assez consistant ? Des partenaires de l’extérieur, est-ce-que vous êtes vraiment sûr de pouvoir mobiliser ces ressources ?

Je voudrais vous rassurer qu’en mettant en place ce comité qui va regrouper des personnes ressources, des OSC, ce n’est pas forcément l’argent qu’ils vont mobiliser qui nous intéresse. L’objectif de ce comité est à but pédagogique. Vous savez que la mairie est un bien public ; un bien commun qui a été détruit par nous-mêmes, la population.

Donc, en demandant à l’ensemble des citoyens de participer à la réhabilitation de ce bâtiment, c’était son but pédagogique, c’est pour que les gens prennent conscience que c’est un bien commun ; que les gens prennent conscience que si nous détruisons les biens communs, ce sont nos efforts encore qui vont contribuer à restaurer ses biens et également que les gens tirent les enseignements nécessaires.

Vous voyez que dans tout le pays, c’est chez nous que nous avons brulé notre mairie. Donc le rôle du comité, c’est de susciter ce sentiment de patriotisme, ce sentiment que le bien public appartient à tout le monde et que si nous devons détruire le bien, c’est nous encore qui allons nous mobiliser pour reconstruire ce bien.

C’est exactement cela, sinon nous savons que les efforts populaires surtout en matière de contribution, ce n’est pas évident, je vous fais une parenthèse : vous savez que pour la grande mosquée, nous avons demandé au gens de contribuer ; mais allez-y voir si les gens ont contribué, donc ce que nous avons fait, nous avons prévu dans le budget de 2019 un montant pour pouvoir prendre en charge la réhabilitation de ce bâtiment et nous avons demandé au cabinet qui est en train de nous appuyer pour faire un travail, de faire en sorte que les travaux soient en lots.

Des efforts peuvent aussi être envisagés pour pouvoir mobiliser, nous pourrons prendre un lot en charge, ne serait-ce que l’équipement au moins, qu’on sente que la population s’est engagée à réhabiliter la mairie de la commune de Bobo. Juste après la proclamation du budget, le travail que le cabinet va fournir va nous permettre de faire les dossiers d’appel à la concurrence et comme vous savez, les dossiers d’appel à la concurrence constituent une longue procédure et cela va être très difficile qu’on vous donne une date exacte de démarrage des travaux.

C’est une procédure et même-si vous engagez la procédure, il y en a qui se sentiront lésés par la conduite de la procédure, qui peuvent aller se plaindre du retard. C’est pour vous dire que si vous avez vu qu’on a trainé jusqu’à aujourd’hui, c’est que dans la procédure même, pour recruter le cabinet, nous avons passer près de quatre ou cinq mois ; parce que dès qu’on a publié l’appel à candidature, y a eu des gens qui ont contesté pour dire que cela est leur travail et non pas le nôtre. Cela nous a ramené en arrière mais c’est comme ça la procédure.

M. le sécréteur générale, si pour autant ça doit tergiverser plus tard, es-ce qu’à cette allure les élus que nous avons et dont, si on peut ainsi dire, le leadership ou le dynamisme, l’inspiration, je veux dire, a voulu que la mairie soit réhabilitée, est-ce-que les élus donc ne seront pas en fin de mandat ? Ce qui pourrait entamer la bonne marche des travaux.

La mairie n’est pas là pour les élus actuels. La mairie c’est l’ensemble des citoyens ; et la mairie c’est une institution. L’objectif pour nous c’est qu’en fin décembre 2019 nous puissions commencer à nous préparer pour déménager. L’objectif est qu’en 2020, on soit là-bas.

En attendant la réhabilitation de l’hôtel de ville de Bobo, comment les différents services de la mairie, aujourd’hui dispersés un peu partout à travers la ville, coordonnent-ils le travail quotidien ?

C’est vrai que depuis l’incendie de la mairie, les services de la mairie sont un peu dispersés mais cela ne dérange pas les conditions de travail des agents ; ce qui est plus difficile est la coordination des activités parce que les gens sont éparpillés. L’autre élément est que l’usager n’a plus de repère.

Quand l’usager a besoin d’un service, il est obligé de se déplacer beaucoup, de se renseigner pour savoir où est situé le service concerné. Donc ce sont les difficultés rencontrées, mais du point de vue du travail, ça ne pose pas de problème parce que la commune a suffisamment de patrimoines.

Si par exemple le secrétariat général d’aujourd’hui était la résidence du secrétaire général et que nous avons transformé en bureau, pour permettre au service de pouvoir s’installer, c’est qu’alors il y a beaucoup de bâtisses. Il y a des bâtiments que la commune a eu à réaliser pendant le cinquantenaire et qu’on a mis à la disposition de certains services.

Interview réalisée par Madi Bazié et Wourodini Sanou, et Retranscrite par Naminata Cissé (stagiaire)

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