Hausse du prix du carburant : des bobolais s’indignent

Le gouvernement a procédé, le lundi 21 octobre 2019, à la hausse du prix du carburant à la pompe au motif que les prix des produits pétroliers sur le marché international ont connus une hausse entre juillet et septembre 2019. Le litre du super 91 augmente de 13 FCFA et celui du gasoil de 9 FCFA. Le litre du Super qui était à 657 F CFA est désormais à 670 FCFA, tandis que le litre du gasoil précédemment à 571 FCFA est maintenant à 580 FCFA.

A Bobo-Dioulasso, c’est l’indignation. Mêmes les raisons avancées par le gouvernement pour justifier cette augmentation ne convainc pas.

Salif Ouédraogo

« Il n’y a aucun motif valable qui justifie cette énième augmentation du prix des hydrocarbures. Nous avons suffisamment de problèmes et il ne faut pas en rajouter. Imaginez un peu outre le problème du SYNTSHA, de la sécurité. Si on doit ouvrir un autre front pour la cherté de la vie, c’est pas évident et on dira encore que le peuple est exigeant : Non Le gouvernement exige que le peuple fasse d’énormes sacrifices tandis que lui se la coule douce. Ce n’est pas possible. Pour terminer je dirai que cette augmentation est une mesure de trop, qui risque à long terme d’envenimer le climat déjà délétère quand on sait que cela pourrait influer sur le prix du transport partant des marchandises. Si toutes ces mesures sont maintenues, le gouvernement doit se préparer à contenir éventuellement les mouvements d’humeur tout azimut », s’indigné Salif Ouédraogo.

Harouna Padiéné

Pour Harouna Padiéné, cette hausse va d’avantage renchérir la vie déjà difficile pour la population burkinabè. « Je pense que cette augmentation est inopportune. Elle est faite dans un contexte où le front social est bouillant avec notamment la grève des agents de santé dont les conséquences sont incalculables. Par ailleurs, cette augmentation vient après le début de plusieurs taxes (véhicules à moteur, permis, cartes grises, billets d’avion, etc.). Aussi, il faut craindre, l’effet boule de neige où les autres produits risquent de connaitre des augmentations de prix, ce qui va renchérir la vie déjà difficile pour la population burkinabè. Enfin, le fait que cette mesure soit faite en catimini nous conforte dans l’idée que l’État est conscient de ces conséquences sur la population mais a continué dans sa lancée » dit-il.

Pour l’enseignant Lawali Ky, cette augmentation est de trop. « Je dirais que la Hausse du prix du carburant est une augmentation de plus et de trop. Si ça continue ainsi, je me demande si nous allons pouvoir vivre dans ce pays. Trop de taxes alors que l’État a les moyens de refouler ces caisses afin d’éviter à cette pauvre population ces augmentations sans fin, notamment en procédant entre autres, à la réduction considérable de son train de vie et en supprimant tout simplement certaines institutions pléthores et budgétivores, mais aussi, en assainissant le milieu des mines et des carrières pour une gestion transparente des retombés des exploitations minières dans notre pays. Ainsi, le gouvernement pourrait remplir les caisses sans vouloir rendre la vie difficile aux pauvres populations qui déjà, souffrent assez » préconise-t-il

Eloi Sawadogo

Acteur de la société civile, Eloi Sawadogo, président de la ligue des jeunes du Burkina quant à lui, estime que le gouvernement aurait dû trouver un autre motif pour justifier cette hausse : « En plus des difficultés que nous vivons déjà, cette hausse pour nous, vient d’avantage compliquer le quotidien des burkinabè. On aurait compris (moi personnellement), que le gouvernement nous dise que cette mesure consiste à rassembler des fonds pour sauver le système sanitaire qui se trouve dans une crise profonde. Personnellement j’aurais applaudit la décision ».

Responsable provinciale de l’UPC/Houet, le Dr Koné Seydou Mohamed est catégorique : « Pour nous cette nouvelle hausse du prix du carburant est une autre façon pour le gouvernement du président KABORE de renflouer ces caisses sur le dos du bas peuple car le fameux PNDS avec ces 18000 Milliards a finalement échoué et cette hausse s’inscrit dans la même triste rubrique que le changement des plaques d’immatriculation, le changement des permis de conduite, des cartes grises etc ».

MB

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