Des séquelles inoubliables au palais de justice de Bobo

Bobo-Dioulasso est, après la capitale Ouagadougou, la ville qui est la plus marquée par l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et qui a occasionné le départ de l’ex-président Blaise Compaoré du Burkina Faso. L’incendie de l’hôtel de ville ainsi que le saccage du palais de justice en sont l’illustration. Quatre ans après, ces infrastructures demeurent toujours en ruines. Si bien que les populations se demandent encore si ces symboles seront réhabilités ou pas.

Les flammes au palais de justice de Bobo lors de l’insurrection de 2014

En ce qui concerne l’hôtel de ville, le secrétaire général de la commune, Lamine Sawadogo rassure qu’elle sera réhabilitée au plus tard en fin 2019. Extrait de ses propos lors notre entrevue du 22 octobre dernier : « depuis la mise en place du nouveau conseil municipal, les dispositions sont en train d’être prises pour pouvoir réhabiliter le bâtiment.

Dans les dispositions qu’il fallait prendre, c’était premièrement de demander au laboratoire national de mener une étude sur la structuration du bâtiment. Est-ce que malgré l’incendie le bâtiment peut être réhabilité et ce rapport à été déposé l’année dernière et cette année nous avons contacté un autre cabinet d’architecture pour pouvoir évaluer le montant de la consistance des travaux.

A l’heure actuelle, nous avons eu deux rapports: le premier rapport est un rapport sommaire sur la situation du bâtiment ; ensuite, nous avons eu un rapport intermédiaire qui nous donne un peu une idée de ce qu’il faut pour pouvoir réhabiliter le bâtiment.

Aujourd’hui, nous attendons le rapport détaillé du cabinet pour nous préparer, pour que dès le début de l’année 2019 nous puissions entamer la procédure de recrutement d’un entrepreneur pour pouvoir faire le travail. Je voudrais également vous informer que la commune a été approchée par un certain nombre d’OSC et un certain nombre de personnes ressources pour voir dans quelle mesure on peut accompagner la commune pour mobiliser les ressources, pour aider à la réhabilitation de ce bâtiment.

Donc un comité a été mis en place et ce comité a commencé à réfléchir sur la stratégie de mobilisation de ressources financières pour pouvoir accompagner la commune dans la réalisation du bâtiment…Le bâtiment peut être réhabilité et c’est dans l’ordre de 1 milliard 140 millions de F CFA ».

En attendant, les services de la mairie de Bobo squattent dans divers bâtiments éparpillés dans la ville, cela causent beaucoup de désagréments pour les usagers.

Par contre, en ce qui concerne le palais de justice, les autorités nationales semblent avoir totalement abandonné les lieux. Pour un symbole de la république, nonobstant sa position stratégique, l’édifice, aujourd’hui, n’est qu’objet de désolation, abandonné comme un champ de fougère et de mauvaises herbes.

Et pourtant la position géographique de l’ex- palais de justice, en plein centre ville, facilitait les courses aussi bien pour les usagers que pour les fonctionnaires qui y travaillaient. Aujourd’hui, les bureaux des juges, ainsi que des différents tribunaux sont tous concentrés, mais éparpillés, au secteur 20, à proximité de l’aéroport international de Bobo.

La zone est excentrée dans la ville donc il est vraiment difficile pour les usagers de s’y déporter. Plus grave, l’on a souvent des difficultés pour retrouver les services dont on a besoin.

Avant les services de justice à Bobo étaient tous concentrés dans la même enceinte située en centre ville ; ce qui rendait la tâche facile pour tous. Mais aujourd’hui la consternation est d’autant grande à voir surtout la promiscuité dans laquelle certaines juridictions sont dans leur bâtiment respectif. Tenez par exemple, la salle d’audience du tribunal de grande instance est situé à l’étage d’un bâtiment qui ne comporte que des marches et non pas un seul ascenseur.

Imaginez bien toute la gymnastique pour les usagers : exclusion donc de ceux ayant un handicap physique.

Wourodini Sanou

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