Crise foncière à Kimidougou : « toutes les terres ne sont pas à acheter »

Le mardi 29 octobre dernier, Kimidougou, village rattaché à l’arrondissement 2 de la commune de Bobo-Dioulasso aurait été le théâtre d’échauffourée entre des propriétaires terriens et les exécutants d’un projet visant à délimiter un lieu de culte qui est à cheval entre les villages de Kimidougou et Desso.

Après diffusion d’un reportage par un média de la place sur ces « prétendues violences », des habitants de Kimidougou, le CVD, le conseiller municipal et le chef du village en tête en compagnie du maire Paulin Sanou de l’arrondissement 2, ont animé une conférence de presse ce mercredi 06 novembre pour disent-ils, apporter leur version des faits en tant qu’acteurs directs de la situation qui prévaut dans ce village.

Face à la presse, les organisateurs sont formels : il n’y a pas eu d’actes de violences sur les lieux. Le seul acte qu’ils ont déploré, c’est la confiscation et la destruction d’un GPS par un certain Assamy Traoré.

Selon les animateurs du point de presse, tout est parti d’un projet des coutumiers de Bobo, appuyé par la Commune. Ce projet vise à valoriser et protéger les différents lieux de cultes de Bobo-Dioulasso et ses villages rattachés.

Les populations auraient été, à en croire les conférenciers, sensibilisé sur le bien fondé de ce projet. Le lieu de culte qui est à l’origine du problème est commun à 5 villages à savoir Kimidougou, Desso, Panamasso, Santidougou et Doufiguisso.

Communément appelé Kansô en langue locale bôbô, ce lieu mystique est situé à la lisière des villages de Kimidougou et de Desso. Il est plus important à Kimidougou qu’ à Desso mais c’est le dernier cité qui s’intéresse le mieux dans la valorisation de ce lieu de culte contrairement aux habitants de Kimidougou qui ont majoritairement embrasé la religion musulmane .

Les raisons de la crise….

Mais pourquoi la mise en œuvre d’un projet expliqué, compris et applaudi par les populations pose t- elle problème ? Sommes-nous tentés de nous demander.

Il existe dans le village Kimidougou selon les organisateurs, un « super vendeur » de terre nommé Seydou Sanou. Ce dernier aurait vendu 100 ha de terre à une société immobilière qui lui aurait versé 40 millions de FCFA.

Pour le reste de l’argent qui s’élèverait à 35 millions, la société exige la signature du chef. Et puisque celui-ci refuse de signer, Seydou Sanou (le super-vendeur) tente donc de « créer des problèmes au chef et si possible, le destituer et le remplacer par un nouveau chef qui viendra signer ces papiers ». Tous ces problèmes autour de ce lieu de culte ne seraient donc que de la diversion à en croire les conférenciers.

Les 70 ha du fondateur des établissements Charles De Gaulle

Le fondateur des Établissements Charles De Gaulle qui aurait lui aussi payé 200 ha a également été cité.

Selon le maire, ce dernier a un problème de 70 ha de terre qu’il tente de faire signer. Le maire Paulin Sanou qui s’est présenté comme « le champion du monde de la lutte contre les vendeurs de terres » dit avoir refusé de signer les 70 ha du fondateur de Charles De Gaulle mais aussi les 25 ha de Assamy Traoré.

Dans le projet de délimitation du lieu de culte, évidemment des terres seront touchées. C’est là que ces acheteurs de terres ne veulent pas comprendre. Ils disent que si c’est un lieu de culte pourquoi les avoir vendus.

En réponse, le porte parole du chef dira que: « il ya des terres à acheter et des terres à ne pas acheter ». Et de poursuivre en disant qu’il est hors de question de laisser cet héritage commun entre les mains de ces vendeurs de terres.

Selon le conseiller Moussa Konaté de Kimidougou, l’opération de délimitation se déroulait normalement jusqu’à ce qu’on se retrouve sur les terres achetées par Assamy Traoré. Lorsque ce dernier aperçoit un forestier avec un GPS sur le lieu, dit-il, «  il confisque son appareil et le confie à son fils ».

« C’est en voulant reprendre de force le GPS que l’enfant l’a fracassé contre le sol. Voilà le seul incident survenu sur les lieux. Il n’y a jamais eu d’armes, même blanches » ont-ils signifiés. « Quand nous avons senti que les choses allaient dégénérer nous avons arrêté l’opération » a dit le conseiller du village.

Le maire a néanmoins rassuré que le dialogue se poursuit et qu’avec l’apport des autorités provinciales, les choses finiront par rentrer dans l’ordre.

BIKo

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