CDP Houet : G 33 ou front de refus ?

Il ne faut plus en douter, il y a clivage au sein du CDP Houet. Un groupe d’indignés au sein de ce parti vient de créer un mouvement dénommé « G 33 dignité ». Cette association se dit apolitique mais réclame seulement le retour de l’ex-président du Faso Blaise Compaoré, chassé du pouvoir pendant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. De façon guindée, les militants du G 33 se disent apolitiques. Sauf qu’alors l’on ne comprend pas pourquoi il y a comme une rivalité entre le CDP légalement reconnu de Christophe Sanou, secrétaire général provincial du parti et par ailleurs maire de l’arrondissement n°5 de la commune, et le groupe de Roland Diallo, une figure de proue du G 33 et qui visiblement n’a toujours pas pardonné le rejet de sa candidature au poste de secrétaire à la jeunesse lors du renouvellement des structures du parti.

Ainsi Roland Diallo et ses supporters, sans vouloir le dire clairement, voudraient boycotter les activités du bureau officiel du CDP Houet dirigé par Christophe Sanou. La dernière illustration se trouvant au fait qu’alors que le bureau provincial convoquait une assemblée générale le 28 octobre 2018 au siège provincial du parti, à 10h, le G 33, lui également, plutôt que d’aller renforcer la mobilisation, organisait, à la même heure, à un autre lieu, son AG. Avec une mobilisation des plus grands jours. Pas de doute, la fracture est bien là.

Même si, à entendre chaque clan, l’objet n’était pas le même. Pour le bureau du CDP, il s’agit bien d’une activité politique, pour rendre compte aux militants des démarches du bureau allant dans le sens de la mise en place des différentes structures de base du parti. De l’autre côté, on a simplement affirmé qu’il s’agissait d’un mouvement pour revendiquer le retour de l’ex-président du Faso Blaise Compaoré et que pour l’adhésion au G 33, peu importe la couleur de la veste.

Parlant toujours de cette mobilisation à la salle de conférence Rosario Chiquette, l’on a eu l’aisance de voir la présence de gros bonnets du CDP ; toute chose qui crée forcément la controverse, lorsque ceux-ci étaient plutôt attendus à l’autre AG, celle du bureau officiel du CDP.

L’on aura beau démentir, l’on aura beau masquer la réalité, qu’un Salia Sanou, ancien secrétaire général provincial du CDP Houet ou qu’une Fatou Ziba… manquent à l’appel du parti pour se retrouver à la célébration d’une autre cause, avec Roland Diallo, qui, pour le moins, en voudrait à l’actuel SG du parti ; de surcroit et par-dessus toutes les considérations, qu’une AG du CDP se tienne en queue de poisson comme ça, on peut bien le dire, il faudrait avoir des délires pour ne pas comprendre : le CDP va mal dans le Houet. D’ailleurs, il y a des précédents qui en attestent.

Le samedi 14 avril 2018, la section/Houet, du congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a tenu sa conférence provinciale à Bobo-Dioulasso. Ce jour-là il a été donné de constater l’absence de certains caciques du CDP dans le Houet comme Salia Sanou, ancien maire de la commune de Bobo-Dioulasso, Ibrahim Sanou, ancien maire de l’arrondissement 2, et Fatou Ziba, ancien maire de l’arrondissement 3.

Pour comprendre ce qui se passait un journaliste de Le Quotidien a approché le secrétaire général provincial du CDP pour un entretien publié le lundi 23 avril 2018. En substance, le SG dit ceci : « l’absence de ces derniers a une explication… Pour ce qui concerne Salia et Fatou, ce sont de petites incompréhensions qui ont conduit à cela parce que certaines choses n’ont pas été comme ils le voulaient.

C’est ce qui a justifié à mon sens, leur absence à la conférence provinciale du samedi 14 avril 2018…C’est une histoire liée au choix du responsable des jeunes du CDP dans la province. Il y avait deux candidats. Sanou Losseni et Diallo Roland. Ces derniers étaient tous dans la section provinciale où chacun occupait un poste. Diallo Roland était le responsable chargé des collectivités locales et Sanou Losseni, le responsable des jeunes. Lors du renouvellement des structures, Diallo Roland voulait le poste de responsable des jeunes et Sanou Losseni aussi ne voulait pas céder son poste. Salia et Fatou soutenaient Roland.

La situation a duré plus de 3 mois. A un moment donné, en tant que premier responsable du, j’étais dans l’obligation de prendre mes responsabilités. Et ma décision consistait à demander à ce que chacun des deux reste dans son poste jusqu’au prochain congrès. Ainsi, Diallo Roland reste au poste de responsable chargé des collectivités locales et Sanou Losseni, responsable des jeunes. Cette situation n’a pas plu à Salia et à Fatou qui pensent que j’ai pris parti pour Losseni. C’est ce qui explique à mon avis, leur absence à la conférence provinciale».

Qu’est-ce qui donc pourrait expliquer l’absence de ce même groupe à l’AG du 28 octobre dernier ? Etait-il obligatoire de disperser les forces de mobilisation alors qu’on aurait pu tout simplement décaler les dates et même les heures pour tenir les deux manifestations ?

Wourodini Sanou

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